Les Arènes Jean Bartherotte

 

Les arènes en 1901

Les arènes en 1901

Les Arènes aujourd'hui

Les Arènes aujourd'hui

Au siècle dernier, l'arène n'était que la place du village ou le champ de foire clos par des charrettes mises en cercle fermé pour la circonstance. A partir de la fin du XIXème siècle s'ébauche un modèle d'arène de course landaise (Estang 1901); l'espace idéal est une piste rectangulaire (40 m x 32 m) arrondie à une extrémité. Le sol doit être suffisamment dur (terre battue) pour que la vache et l'écarteur ou le sauteur et le cordier puissent prendre leur appui. Il existe 150 arènes ou place d'arènes répertoriées par la Fédération Française de Courses Landaises dans le Sud-Ouest.

Course landaise

L'écarteur

Course landaise

Les Sauteurs

L'Histoire de la course landaise

La course landaise est pratiquée depuis toujours dans le Sud-Ouest. Le document authentique le plus ancien conservé aux archives nationales fait état en 1457 d'une coutume immémoriale de faire courir vaches et bœufs dans les rues de Saint Sever à l'occasion des fêtes de la Saint Jean. Ensuite, pendant plusieurs siècles, on connaît surtout la tauromachie landaise par les différentes tentatives d'interdiction dont elle fut l'objet à maintes reprises et sans succès. Le musée de la course landaise à Bascons conserve des références.

C'est au cours du XIXème siècle que la course landaise devint ce qu'elle est aujourd'hui. Deux événements majeurs la firent rentrer dans la modernité. Tout d'abord ce fut l'obligation de pratiquer uniquement les courses dans des lieux délimités et fermés, entourés de gradins, et non librement dans la rue comme c'était le cas jusque là. C'est dans cet espace limité de l'arène que naquirent d'abord l'écart puis le saut, les deux figures artistiques de la course landaise. Ensuite ce fut, en août 1853, l'apparition du bétail d'origine ibérique qui se révéla plus apte que le bétail local à la pratique. Si bien qu'à la fin du siècle il n'y avait plus en course landaise que des vaches d'origine navarraise (carriquiri) et plus aucune landaise.

Pour compléter le tableau, c'est à la fin du même siècle que les toreros landais adoptèrent la tenue qu'ils portent toujours aujourd'hui: le pantalon blanc et le boléro agrémenté de paillettes d'or ou d'argent. La corde et le teneur de corde (courdayre ou cordier) apparurent à la même époque ainsi que les tampons au bout des cornes des coursières les plus dangereuses.

Les Arènes Jean Bartherotte : un de nos joyaux estangois

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Situées à côté du Pesqué en plein cœur du village, combien d'écarteurs, de sauteurs, de cordiers et de vaches landaises prénommées Estanita, Andalouse, Armagnacaise... ont foulé le sable fauve de sa piste. Combien d'écarts parfaits et de "tumades" redoutables vus par un public averti et attentif. Le gascon à la fière allure arbore son béret du dimanche.

Il fallu plusieurs années de collaboration du village et d'"aficionados" passionnés pour finaliser sa construction. Les fiers Gascons peuvent s'enorgueillir de cette réussite, ils la sauvegardent jalousement à juste titre, elle le mérite. Son histoire doit perdurer, c'est une tradition gasconne, elle est dans les gènes des Gascons.

A l'ombre d'une haie de platanes centenaires, elle a fêté ses 100 ans en 2001. Ses atouts:elles sont entièrement couvertes et inscrites à l'inventaire des Monuments Historiques depuis le 15 novembre 1993.

1901 : Inauguration de la première tranche, date que l'on peut voir parader en gros chiffres sur la Tribune d'Honneur. Sur un terrain préalablement assaini sont construites 10 loges en dur aux portes briquetées , surmontées de gradins en bois d(ores et déjà couverts.

1913 : 4 estangois (Mrs Dubos, Sier, Bougnères et Rande) regroupés dans un syndicat des fêtes indépendant mais propriétaire des arènes, commencèrent à construire le côté opposé, les tribunes de premières qui ne seront cependant pas achevées, pour cause de guerre.

1919 : Construction de la partie Est. La construction fut interrompue par la guerre de 14-18 et reprise en 1919. Les gradins de la partie est interrompus avaient été un peu endommagés pendant cette attente; il fut décidé de les reconstruire et de les couvrir.

1921 : C'est à cette date que furent achevées les tribunes (les gradins des secondes furent édifiés à l'aide du bois fourni par les exploitants locaux).

1928 : Est la date d'achèvement avec la réalisation de ses ailes Nord-Sud. La construction s'est effectuée en plusieurs étapes, mais sans que cela ne porte atteinte à l'harmonie de l'ensemble. Le style initial a été conservé.

1930 : Le Président du Syndicat des fêtes, Paul Dubos, convaincra les membres du syndicat d'édifier  les côtés Nord et Sud et de les couvrir.

Aujourd'hui : la capacité d'accueil des premières, côté Ouest, a été augmenté par l'adjonction de travées supplémentaires. C'est l'unique modification intervenue aux Arènes et qui s'est opérée dans la sauvegarde la plus stricte des matériaux et des principes de construction originels. La capacité d'accueil est au total de 2208 places. Les arènes portent le nom de Jean Bartherotte grand tauromache local, qui fut la cheville ouvrière de la Course Landaise à Estang (et fusillé pendant la 2ème guerre mondiale, le 3 juillet 1944). Les arènes accueillent désormais au moins 5 courses landaises par an. Qui ne se rappelle pas des voix rocailleuses de Roger Laffitte et de Georges Nicou, speakers bien connus, à la verve et aux mots justes. Nos arènes vibrent encore de leurs voix chaleureuses.

La Renaissance Estangoise d'abord dirigée par André Descat puis par Francis Labarthe accompagne de ses cuivres et autres roulements de tambours les écarts majestueux et le paséo de début et de fin de course entonnant fièrement la "cazérienne".

Il est aussi important de rappeler que le 19 août 1984, un certain François Mitterrand, Président de la République Française en exercice, vint inopinément les honorer de sa présence. Une visite présidentielle qui contribua peut-être au classement des arènes à l'inventaire secondaire des Monuments Historiques en 1993. Et puis, pendant plusieurs étés à l'occasion des fêtes locales, chaque Lundi soir un spectacle de music-hall y était organisé, les arènes ont entendu les voix de: Gilbert Bécaud, Enrico Macias, Annie Cordy, Michelle Torr, Line Renaud ou Carlos...

Dans ces conditions, qui pourrait en vouloir aux administrés du Maire Ernest Caillebar d'avoir un jour bravé l'interdit de 1901 du Préfet Méchin, d'organiser "des courses de bœufs et vaches" dans tout le domaine gascon ?

Passant viens voir la course landaise !

Yves MARRAST, Conteur Gascon - 32370 SAUBOIRES

 

Passant d'où que tu soies, du Nord ou de Paris,

Ou même de Belgique, Allemagne, Italie,

Lorsque tu as, l'été, traversé la Garonne,

Si tu t'enfonces assez dans la région Gasconne,

Tu pourras écouter la langue avec l'accent,

Tu jugeras toi-même s'il y a de braves gens,

Tu pourras découvrir une de leurs passions,

Qui semble indispensable à beaucoup de Gascons.

Viens la voir en curieux, souhaitons qu'elle te plaise,

Vite, viens découvrir notre course landaise !

Elle vit son présent, elle a son passé,

Elle a ses héros et se célébrités.

Maintenant, une église lui a été dédiée,

A BASCONS, Notre Dame, sa patronne est priée.

C'est presque un profane qui est là pour en parler,

Rien ne vaut l'avoir vue ! Mais, en résumé,

Qui pour les initiés peut paraître fadaise,

Je veux te faire aimer notre course landaise !

notre dame de bascons

 

 

Passant voici la course:

 

Dans ce coin de Gascogne, qu'est le lit de l'Adour,

Que fait-on le dimanche, quand viennent les beaux jours ?

Perdiou ! Ici et là, dans les villages en fête,

Pour la course landaise, tout le monde s'apprête...

Ici, il y a tel troupeau, et telle cuadrilla,

Ailleurs, il y en a aussi, et il y a "ceux-là!".

Alors, vers les arènes, on accourt de partout !

Le travail, les soucis ! Il y a la course, oublie tout !

La musique défile, vibrant de tous ses cuivres...

Le soleil nous y cuit ! Aujourd'hui ce n'est rien !

L'on est mieux dans l'ambiance, lorsque l'on a très chaud,

Vivement qu'on commence ! Voici le paséo.

La Cazérienne éclate, on la scande du pied...

Des portes de l'arène, crânement alignés,

Torse droit, jambe leste, dans leurs pantalons blancs.

Les toreros défilent sur le sable brûlant.

La foule applaudit, déjà elle s'enflamme.

Connaisseurs ou septiques, enfants, hommes ou femmes,

Nul ne peut résister à cette ambiance là !

Il leur faut des héros. Ils ont la cuadrilla :

Écarteurs, entraîneurs, courdayres et sauteurs,

Tous vont donner à fond, et leurs corps et leurs cœurs.

Ils sont en bout de piste. La musique s'est tue !

Le silence est poignant, la cuadrilla salue

Et très rapidement, chacun va à sa place

Un homme seul, au centre, va affronter la vache.

IMG_1055La Cuadrilla

Le 'courdayre" se poste, tandis qu'un entraîneur

Libère enfin la bête qui fonce avec ardeur.

Corne droite, œil vif et naseaux écumants !

L'homme est calme... Mais, juste à l'instant

Où la corne agressive est prête à le toucher,

D'un mouvement rapide, sur ses reins, renversé,

Plus vite qu'il n'est dit, le voilà retourné...

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Emportée par l'élan, la vachette est passée !

Musique et vivats jaillissent des gradins,

Mais déjà, l'entraîneur reprend la vache en mains,

Pour que l'homme et la bête suivent sur leur lancée !

La course sera belle, elle a bien commencé

Le chef de cuadrilla a joué le premier,

Puis un à un, ses hommes viennent se présenter :

Il y aura des écarts, des feintes et des sauts,

La corne qui déchire pantalon, boléros.

L'écarteur qui "tumé" va mordre la poussière...

Tout cela c'est la course ! C'est extraordinaire !

Pour qu'il ait l'ambiance, il faut qu'elle soit ainsi !

Le public hurle, siffle, se déchaîne, applaudit,

Les musiciens s'essoufflent, on ne les entend pas...

"Et, aciu ! Fénéan ! Qu'an ey qui bas ana?"

Car, il faut bien le dire, la langue de Gascogne,

Pour crier l'enthousiasme, la joie, comme la grogne,

Lorsqu'on est à la course, on est deux fois Gascon !

Passant, qui ne l'est pas, si tu veux bien comprendre,

Il y a un cri de vie, une ambiance, un chant,

Qui s'expriment par gestes et par mots percutants !

Car ces fières coursières ont toutes noms en "a" !

 Carmina, Carocola, Josélita et puis... Estanita

Qui ne respecte pas la loi anticasseurs,

Et pour qui la musique n'adoucit pas l'ardeur...

Et les hommes ! Comment tous les nommer ?

Les Lavigne, Martial, Maxime, Marcadé,

Et toi chanté par Pesquidoux ? Je veux dire Coran !

D'autres, non moins connus : les Darracq, les Forsans,

Les Pabon, Le Suisse, Montfort et Laffiteau,

Sans parler de deux Vis : Ramuntcho et ...Tchito !

Toute la multitude que je n'ai pas citée,

T'aurais sans exception, tout autant mérité !

Mais le "course" a aussi chantres et musiciens,

Journalistes, Poètes, peintres et écrivains.

Elle fait un monde uni, quoique diversifié,

Elle a inscrit sa place en notre société,

Et ses corps, et ses sœurs ont désormais une âme,

Qui vibrent une fois l'an aux pieds de Notre Dame.

Elle a.. Je ne sais plus ! Ecoute-moi passant :

Si tu viens en Gascogne, un tout petit conseil :

Pour voir un sport loyal, à nul autre pareil,

A la course landaise, va au moins une fois.

Même si tu es sceptique, vas-y et tu verras

Pour tenter l'expérience ne sois plus indécis,

Le paseo final doit te laisser conquis !

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