Histoire

ESTANG au fil du temps : ce que disent les lieux et les pierres

Estang se situe dans l'Armagnac au nom antique, glorieux pour ses produits viticoles.

Entre steppes landaises et coteaux pierreux de l'est du département, la nature ici est fraîche, pleine d'ombre et de vie. Ses vigoureux vignobles, ses futaies de pin et de chênes sombres et élancées, lui valent le nom d'Armagnac Noir ou bien Bas Armagnac en raison des douces collines qui peu à peu cèdent la place au sable de Landes.

Ces quelques lignes sont inspirées des écrits de l'abbé Breuils.

Ici, s'arrête le chêne, ici commence le pin. Estang tire probablement son nom des eaux stagnantes desquelles il semble émerger. L'eau y abonde de toute part en faisant le château d'eau de la région. Ici, les cisterciens creusèrent les premiers étangs au XIIième siècle Sur les sables fauves de l'Armagnac, la lumière cristalline des eaux enchante le village. Rivière de l'estang, Fontaine Sainte, Arbout, étangs divers, Pesqué, marécages: à Estang l'eau étincelle partout.
 

ESTANGL'estang, né à Lias d'Armagnac, se déverse dans le Midour; abondant dans toutes les saisons, dans son bref parcours il active plusieurs moulins: le moulin de Lartigolle, le moulin d'Ayrenx nouvellement restauré. certains sont en ruines. Le moulin de Notre Dame, le plus ancien sans doute fonctionnait avec les eaux de l'Arbout émanation de la Fontaine Sainte.

Un premier habitat se serait développé sur le site de Castel viehl où s'érige au XIIième siècle Notre Dame et sans doute son monastère. Le Monge tout proche aurait abrité une petite communauté.

Servait-il à recevoir les produits de la dîme ?

Ses dépendances sont toujours très importantes. Le XIIIième siècle voit naître le castelnau à la structure linéaire typique, juché sur sa motte féodale, avec son église Saint Martial, son château, ses rues rectilignes, son enceinte fortifiée, ses fossés, précédé en son point culminant d'une tour qui le domine et le protège.


Ainsi, Estang s'inscrit dans le phénomène majeur du Moyen Age: l'enchâtellement de l'habitat rural en Gascogne comme dans tout le midi de la France.

Beaucoup de castelnaux ont totalement disparu soit la moitié des trois cents castelnaux de Gascogne. Frontignan, Pémothe, Le Haget étaient des avant-postes qui permettaient de guetter l'arrivée de l'ennemi. Le Tuco, mot très ancien,signifiant éminence se situait sur une deuxième ligne de surveillance.

Ici, la motte féodale est toujours visible et les toponymes comme la tour, rue des fossés, embarrats, gardent la mémoire des siècles passés.


rue estang

Au XIVème siècle, Estang comme Lias d'armagnac sont possessions anglaises mais Estang reste fidèle au roi de France.

Les Anglais, conduits par le Prince de galles, dit le Prince Noir en raison de la couleur de sa cuirasse, dévastent la région: c'est la guerre de cent ans. Le 13 octobre 1355, malgré la défense de ses fossés et de ses remparts, Estang est attaqué et incendié. Des boulets de pierre, conservés face à la mairie attestent ce passage dévastateur. La guerre de cent ans dura si longtemps que l'artillerie eut le temps d'évoluer. les Français adoptèrent les boulets en fer inventés par les Italiens. Profitant de cette supériorité technique, ils purent battre les Anglais.

  • En 1368, Charles V Roi de France, récompense la loyauté du Comte d'Armagnac en lui donnant Estang.
  • En 1432, le Comte d'Armagnac donne Estang à Manaut de Lau Baron Comte d'Esang et marquis de Lusignan, en échange d'Espas et de 1500 écus.
  • En 1452, tout l'aquitaine et la Gascogne s'arrachent la domination anglaise. La paix ne connaît qu'un bref répit.
  • En 1526, l'Armagnac passe à la maison d'Albret. Pendant les guerres de religions, Montgoméry, sous les ordres de Jeanne d'Albret, reine huguenote, brûle toutes les églises de la région.
  • En 1569, Notre Dame est incendiée, son trésor pillé.
  chateau estang

Les églises Saint Martial, Saint Barthélémy, Saint Pierre subissent le même sort. Les ruines de Saint Martial sur la place du Castelnau subsistèrent longtemps et furent même photographiées.

Le site de Saint pierre et sa léproserie dans le quartier des Capots est encore connu. Par contre celui de Saint Barthélémy est plus incertain. Le passage d'Henri IV dans la région accéléra la reconstruction de Notre dame.

Il séjourna, dit-on, à la maison forte de Laïrle, route de Cazaubon.


En 1589, Henri IV réunit définitivement le comté d'Armagnac à la couronne de France.

Par le jeu des alliances, Estang passa à la famille d'Esparbès, illustre famille dont les armes ornent la litre funéraire peinte dans l'église. En 1770, marie Françoise Bouchard d'Esparbès, Baronne et Comtesse, vendit Estang au chevalier Pierre de Bastard, dit le Bastard d'Estang. Le domaine de la forêt, ainsi qu'une maison dans la grande rue lui aurait appartenu. Avant et après la révolution, de longs procès l'opposèrent aux habitants d'Estang, au sujet des "vacants", ces vastes espaces qu'il voulait confiquer à son profit. Au centre ville, les belles demeurent du XVIIIième siècle attestent une certaine prospérité et abritent une agréable vie culturelle.

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En 1791, Estang devient chef lieu de canton.

Depuis quelques années déjà, prospère une fabrique de liqueurs au lieu la Brûlerie. Jusqu'en 1870, Estang connaît une activité économique prospère puis survinrent le phylloxéra, le développement des chemins de fer qui favorisa l'achat de blé en Ukraine et l'invention des frigorifiques qui permit de conserver la viande d'Argentine. L'activité agricole recule alors sensiblement.

A la fin du XIXième siècle en 1885, le maire Paul Dubédat fait combler le marécage, créant ainsi une belle perspective de la place Saint Martial à Notre Dame: les "Champs Elysées" d'Estang. Pour ce faire, il fit trancher dans la motte féodale comme une plaque de beurre, pour prélever de grandes quantités de sable. Toujours malicieux les Estangois le surnommèrent le Baron Haussmann du Village. Les travaux qu'il fit réaliser coûtèrent si cher qu'il ne fût pas réélu ! D'autant qu'il souhaitait poursuivre la route en direction de Belon, Frontignan...

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En direction de Monguilhem, le couvent et la chapelle émergèrent par la volonté de la famille de Ducor de Duprat de pémothe. Une école libre de filles y connut une forte fréquentation. Elie Ducor de Duprat qui manifestait des talents d'architecte supervisa les travaux de l'église. Ernest Caillebar, maire de 1888 à 1908 fit construire l'école actuelle et la partie en dur des arènes.

   

Grâce à la parenté d'Ernest Caillebar avec Francis Jammes, le village et sources fût chanté dans de nombreux poèmes (voir le coin des artistes)


Les anciens se souviennent des séjours du poète à Estang, de sa grande barbe blanche lors des visites à sa sœur, madame Caillebar. Le général Poeymirau apparenté aux familles Barret et Caillebar occupait la maison voisine. Il fut le bras droit de Lyautey; une statue l'immortalise à Pau, sa ville natale.


Le village à midi..

à Ernest Caillebar

Le village à midi. La mouche d'or bourdonne
Entre les cornes des bœufs.
Nous irons, si tu le veux,
Si tu le veux, dans la campagne monotone.
Entends le coq...Entends la cloche...Entends le paon...
Entends là-bas, là-bas, l'âne...
L'hirondelle plane.
Les peupliers au loin s'en vont comme un ruban.
Le puits rongé de mousse ! Ecoute sa poulie
Qui grince, qui grince encore,
Car la fille aux cheveux d'or
Tient le vieux seau tout noir d'où l'argent tombe en pluie.
La fillette s'en va d'un pas qui fiat pencher
sur sa tête d'or la cruche,
Sa tête comme une ruche,
Qui se mêle au soleil sous les fleurs du pêcher.
Et dans le bourg voici que les toits noircis lancent
au ciel bleu des flocons bleus;
et les arbres paresseux
à l'horizon qui vibre à peine se balancent.

Francis Jammes

francis jammes


Parmi les curiosités du village: une cloche juchée sur le toit de la poste. Jusqu'en 1905, cet édifice constituait le presbytère du village et la poste fonctionnait au local du presbytère actuel. Le local confisqué ne fut pas remplacé et comme d'autres villages à cette époque, Estang fut privé de prêtre.

Quelques familles achetèrent le local de la poste et il y eut translation! Le village retrouva ainsi prêtre et offices.

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Le très beau plan cadastral de 1823 dit de Napoléon, conservé à la mairie indique une halle devant le presbytère et des couverts encore visibles au 20e siècle.

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L'origine exacte de l'église comporte bien des inconnues. De nombreux éléments architecturaux de la partie centrale portent le caractère des édifices religieux construits au XIIième siècle. En partie détruite durant les guerres de religions, l'aile nord a été refaite à la fin du XVIième siècle. Le clocher qui vous accueille est une création du XIXième siècle ainsi que le faîtage du transept et la toiture. Nous mettrons l'accent sur la partie originelle de l'église et donc sur l'influence de l'art roman qui a permis à Notre Dame d'Estang d'être inscrite en 1998 à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.


Du "roman"...

L'édifice conserve de l'époque romane une abside(1) précédée d'une ample travée droite, deux absidioles(2) réduites à l'hémicycle et un transept(3) non débordant.

Bien que les fenêtres du chevet aient toutes été agrandies, on peut penser qu'elles étaient étroites et dépourvues de tout décor comme celles qui subsistent dans le bras sud du transept.

Le sanctuaire principal est couvert d'un cul-de-four(4) et d'un berceau(5) brisé, séparés par un doubleau(6) que portent deux colonnes engagées. Une corniche de billettes(7) court à la base des voûtes et se prolonge sur le tailloir(8) des chapiteaux et de l'arc d'entrée;une autre délimite un étage inférieur composé de neuf arcades entourant tout le sanctuaire. Les absidioles sont voûtées d'un cul-de-four et elles conservent aussi des chapiteaux à l'arc d'entrée. Dans le mur qui les séparent de l'abside, une porte donne accès à un réduit étroit, couvert d'un berceau au nord; au sud , subsistent les vestiges d'un escalier qui permettait de monter au-dessus du chœur, pour des raisons défensives.


...au "gothique"

L'absidiole et le transept nord ainsi que la voûte de la nef ont été refaits à la suite des troubles liés aux guerres de religions (l'église brûlée et ruinée avait perdu sa nef et une partie du transept, sans compter les cloches, les ornements sacrés, le trésor, etc...). C'est donc tout de suite après 1572 que les réparations ont été réalisées dans le style gothique caractérisé par les voûtes en ogive(9).

Les chapelles latéralles à fond plat, postérieures au XIIième siècle, ne sont pas datées de façon précise (peut-être XVIième siècle).

Au XIXième siècle, le clocher actuel a été édifié à l'extrémité occidentale, remplaçant un pignon crénelé et une tour hexagonale et mettant fin à l'existence d'une lézarde inquiétante, allant du couronnement de la porte ouest jusqu'au sommet du pignon et interprétée par certains contemporains comme une malédiction divine et à sûrement contribué à l'émergence de la légende de la "Fontaine Sainte". En outre, probablement pour des raisons esthétiques, le faîtage du transept a été rehaussé.


Les fresques

A la suite d'un nettoyage de l'église, des fresques dont l'origine n'est pas définie avec précision ont été découvertes en 1976 sur le mur du fond de deux chapelles sud.

Y figurent une croix byzantine à quatre branches égales, bloquées par une circonférence et, surtout, des traces d'écriture gothique recouverte par une "litre" (bande noire appliquée en signe de deuil) avec des armes parlantes qui permettront sans doute aux historiens d'éclaircir le mystère de leur origine.

 

Le décor du chevet et du transept

"Le décor roman du chevet et du transept a été mutilé mais l'essentiel a été conservé. Dans sa majeure partie, il s'apparente à celui de nombreux édifices de la région: on retrouve ainsi les tailloirs et les impostes(10) des rinceaux(11) et des frises de palmettes(12) parfaitement caractéristiques; plusieurs corbeilles portent de grandes feuilles, ornées ou non de boules à leur extrémité, d'autres offrent des "lions souriants" ou des aigles affrontés.

Tous ces thèmes sont traités avec une grande sûreté, qui permet d'attribuer ce décor à une date relativement ancienne; le deuxième quart du XIIième siècle sans doute.On y reconnaît en effet une influence assez directe de modèles que l'on peut identifier aisément grâce à quelques détails précis, ainsi la présence d'une grosse tige en fort relief reliant sur quelques pièces les volutes aux feuilles d'angle, le dessin très détaillé et vigoureux des rinceaux, la frange végétale qui borde le haut du cadre de plusieurs palmettes, enfin, sur un chapiteau de l'absidiole sud, l'allure simiesque des femmes accroupies soufflant dans une sorte de trompe d'où s'écoulent des ondes, rappellent des œuvres espagnoles, et en particuliers aragonaises, qui ont également été imitées à Nogaro et dans de nombreux autres édifices de la partie occidentale du département du Gers.

Tout au contraire, deux corbeilles qui portent, l'une des feuilles décomposées et deux palmes et ornées de pommes de pin, l'autre de grands lions élégants enlacés par rinceaux très souples, sont étroitement apparentées à plusieurs chapiteaux de la cathédrale d'Aire sur l'Adour, dans lesquels une influence de l'art de "Pays de l'ouest" est manifeste.

D'autres pièces sont plus difficiles à expliquer, mais on sent dans ce décor la main d'excellents sculpteurs venus sans doute d'horizons bien différents grâce à une richesse dont l'origine nous échappe aujourd'hui entièrement."

Extrait de Gascogne Romane: Editions Zodiaque 1878


LEXIQUE
(1)Abside:extrémité en demi-cercle ou polygonale du chœur d'une église. (2)Absidiole: chacune des petites chapelles attenantes à l'abside. (3)Transept: vaisseau principal qui sépare le chœur de la nef et forme les bras de la croix. (4)Cul-de-four: voûte formée d'une demie coupole. (5)Voûte en berceau: voûte engendrée par la translation d'un arc suivant une directrice. (6)Doubleau: arc séparant deux voûtes (7)Billettes:tronçon de tore (grosse moulure) constituant un motif décoratif. (8)Tailloir: élément élargi qui forme le sommet d'une colonne ici situé au dessus du chapiteau (qui est un couronnement mouluré). (9)Ogive:arc diagonal de renfort bandé sous la voûte gothique, dont il reporte la poussée vers les angles. La voûte d'ogive est une caractéristique de la construction gothique. (10)Imposte: pierre ou autre élément, en saillie, recouvrant le piédroit d'une arcade et supportant la retombée de l'arc. (11)Rinceau: ornement fait d'éléments végétaux disposé en enroulement successifs. (12)Palmette: ornement en forme de palme stylisée.

Les deux guerres mondiales firent payer un lourd tribut à la population. Le 3 juillet 1944, Estang a connu la plus grande tragédie de son histoire:

Voici cinq ans que la seconde guerre mondiale a éclaté.
Cinq années de souffrance pour la population: nombreux sont ceux qui furent faits prisonniers en 40, mais il faut continuer à vivre, à travailler dur afin de subsister ici entre Estangois, citadins ayant connu l'exode et réfugiés.

Voilà bientôt un mois que le débarquement des troupes alliées a eu lieu en Normandie, de quoi donner espoir à une majorité sur l'issue du conflit. Dans notre région, la Résistance est composée d'un bataillon de volontaires dit de l'Armagnac, 158ème régiment d'infanterie, dont le Chef, le Commandant Parisot, a reçu pour mission de contrarier et d'empêcher les forces nazies de remonter vers le Nord et l'Ouest du pays où les combats font encore rage.

En ce 3 juillet 1944 au matin, des renseignements incomplets et erronés arrivent au PC du bataillon à Maupas, signalant la présence à Cazaubon de quatre camions allemands (en réalité, il y en avait une dizaine, arrivés au château de Bégué, refuge de nombreuses familles juives protégées par les propriétaires (Monsieur et Madame d'André). Quoi qu'il en soit, le commandant Parisot décide d'une opération armée et met rapidement en marche ses troupes qui doivent attaquer l'ennemi en empruntant l'itinéraire Maupas-Estang-Cazaubon pour aborder le chef-lieu de canton par le Sud. Hélas, la traction du commandant dut s'arrêter au garage Péfau, présentant un problème de bougies, tandis que la colonne allemande se repliait sur Estang. L'attaque a donc lieu sur cette route départementale à quelques centaines de mètres de la Gendarmerie. Le combat s'engage mais la troupe allemande bien plus nombreuses que les résistants se déploie dans le village, semant la terreur, entrant dans les maisons à la recherche des terroristes...

C'est sur la route de Peyré que Louise Cazauran qui fermait ses volets est mortellement blessée. Jean Coupaye, pharmacien, prévenu par ses voisins, viendra lui porter secours aidé par André Pupkiewicz et Paul Sansoulh; tous trois sont pris en otages par les Allemands qui continuent à progresser tout en s'emparant d'Alfred Duclaux, de Jean Bartherotte, pour ne citer qu'eux. Dans le même temps, la bataille se poursuit sur la route départementale: cinq maisons sont incendiées et entièrement détruites, Jean Lalanne est abbatu deavant sa grange aussitôt incendiée; Louis Dupuy et Jean Dupeyron sont également pris en otages.

Au total, cet accrochage sanglant se solde par:

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  • Neuf tués chez les Allemands
  • Deux résistants tués: Léonce Destouet et Hans Haffner
  • Un résistant pris en otage: André Ousteau
  • Deux victimes civiles: Louise Cazauran et Jean Lalanne
  • De très nombreux blessés
  • Une soixantaine d'otages aux mains de l'ennemi
  • La Gendarmerie est évacuée par le force: l'Adjudant Verdier, les gendarmes Melignier et Capdeville arrêtés. Ils seront plus tard déportés. Seul le gendarme Melignier reviendra des camps de la mort tandis que l'Adjudant Verdier et le gendarme Capdeville mourront en déportation.

En cette soirée du 3 juillet, Estang est ravagée, pillée, meurtrie. La peur s'est emparée de tous ceux qui hier encore essayaient d'oublier les affres de la guerre en fêtant la communion solennelle des enfants. Les otages regroupés non loin de la Gendarmerie vont remonter en rangs serrés vers le lieu-dit PIGNAY. Certains, essentiellement des femmes, ont été libérés à hauteur du lieu-dit LA HIRE. Les allemands arrêtent au passage Lucien Bouque qui cherchait à renter chez lui.

Mais le pire est encore à venir : tandis que les otages sont tenus en respect à ce carrefour, le commandant de la troupe nazie, d'origine autrichienne, s'exprimant en français, annonce que neuf otages - autant que de soldats allemands tués - vont être fusillés. Le mystère demeure sur la manière dont ils furent désignés:

  • Jean Bartherotte,
  • Lucien Bouque,
  • Jean Coupaye,
  • Alfred Duclaux,
  • Louis Dupuy,
  • André Ousteau,
  • André Pupkiewicz,
  • Paul Sansoulh

P1020654 Ils furent lachement abattus à la tombée de la nuit, laissant leurs épouses, leurs enfants, leurs familles dans l'incompréhension, dans un sentiment d'injustice et un profond désarroi. Un monument route de Cazaubon signale le lieu de l'exécution des otages. En outre, durant cette terrible période, une habitante du village, Paulette Barbe, fût déportée.

Aujourd'hui, Estang garde en mémoire tous ces événements, gravés dans les lieux et les pierres. Des indices un peu partout racontent...

 

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